L’après PBP

Bientôt 3 semaines que le PBP s’est terminé.

Je suis arrivé un peu abîmé, il faut bien le dire, pas épuisé, juste fatigué comme on peut l’être avec l’enchaînement de grosses sorties, plusieurs jours de suite. J’y suis habitué. Mais sur de telles distances, sans réelle récupération, il y a une sur-sollicitation des tendons et ça tire un peu de partout. Pour moi, c’est le tendon d’achille qui a souffert. Apparemment, je ne suis pas le seul, et pourtant ça n’est pas une pathologie connue chez le cycliste. Ma hanche me fait encore souffrir, il y a des craquements dans l’articulation, mais depuis hier, je sens que ça va mieux.
Avec des soins chez le kiné, tout va rentrer dans l’ordre, je suis remonté sur le vélo dimanche dernier pour faire une bonne petite sortie après avoir récupéré le vélo réparé (patte de dérailleur tordue et manette de levier de frein recollée – à voir si ça va tenir…).
Ce qui me fait dire que le PBP m’aura usé avant, avec la grosse préparation et les brevets, pendant la randonnée, et après, pour me remettre, parce-que les ondes de choc et les manipulations du kiné, là où ça fait mal, c’est encore de la souffrance.

Mais je suis tellement heureux d’avoir réussi ce défi contre moi-même, que j’oublie tout ça et ne garde que le meilleur. J’essaie de tirer des leçons de cette expérience, ça me servira certainement pour les quelques années qu’il me reste à faire du vélo, le plus longtemps possible, cela va sans dire. Tant que j’ai la santé.

J’avais visé les 72 heures, en me disant que je ferais peut-être jusqu’à 74 heures, bon 78h50, ça reste encore bien, en tout cas dans les délais du 84h pour lesquels je m’étais inscrit. La satisfaction, c’est que j’ai passé le même temps que celui prévu sur la selle, dans les 56 heures, je suis donc juste un peu déçu de voir que j’ai passé 22 heures à faire je ne sais quoi, car j’ai dû dormir d’un sommeil léger environ 4h la deuxième nuit à Saint-Nicolas-du-Pélem, 3h à essayer de me trouver un coin pour dormir la 1ère nuit à Loudéac mais j’ai vite renoncé, 30mn de micro-sieste à Brest ou à Mortagne, 1 repas chaud à Carhaix, un petit déjeuner à Saint-Nicolas, et une soupe à Quédillac, des arrêts dans un café ou une boulangerie, un marchand de fruits et légumes. Je n’ai pas perdu de temps à essayer de prendre une douche, j’aurais dû quand même, on est mieux quand on se sent propre, j’ai quand même changé de cuissard et de maillot, sous-maillot et chaussettes. Alors, aller aux toilettes, me brosser les dents, remplir mes bidons, préparer ma musette chaque matin, prendre mes médicaments, avec des gestes lents, avec le froid du petit matin, et la fatigue, aller faire tamponner la carte de route, s’arrêter le long de la route aux “ravitos” proposés par les villageois, prendre le temps de discuter un peu, oui j’aurais pu réduire ce temps-là, mais ce que je retiens, c’est que ce n’est pas du temps de perdu mais du temps où j’ai profité de l’ambiance, et que j’ai de beaux souvenirs des regards croisés et de cette chaleur humaine.

Les personnes avec qui j’ai roulé, avaient été interviewées sur Radio Cyclo.

Anecdotique, car il n’y a pas de classement, mon classement “non officiel”, serait 1829 ème parmi 6660 randonneurs, le 606ème français sur 1573, le 73ème sur 311 dans le départ des Y…

Quelques-uns m’ont posé la question : alors, c’est quoi ton prochain défi ? Tant que je ne n’ai pas retrouvé toutes mes capacités, j’ai du mal à me projeter, mais je sais ce que j’aimerais faire, encore de la longue distance, bien sûr, mais difficile de dire si ce sera un voyage à vélo, une course (une de celles qui a lieu chaque année, et il y en a de plus en plus mais qui sont très dures), il faut réfléchir et savoir jusqu’où je veux aller et jusqu’où je peux aller. Avec à la clé, une préparation physique générale plus régulière, du renforcement musculaire, au moins cet hiver.

En tout cas, retrouver la route, les copains du club, ça fait du bien, j’ai le temps de voir d’ici là.

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