UN CHÂTEAU EN ESPAGNE

Je vois l’Espagne s’éloigner de mes projets.

Un château en Espagne, oui, c’est une expression qui signifie quelque chose d’impossible ou d’irréalisable, qui n’aboutira jamais.
Avec cette épidémie, je pense qu’il est un peu trop tôt pour espérer faire ce que l’on veut, ou en tout cas, pouvoir voyager facilement parce-qu’on a été vacciné, ça risque d’être encore compliqué un petit bout de temps. Il faudra vivre avec, les vaccinations avancent mais doucement, et quand on voit l’apparition de nouveaux variants de ce virus, que des gens vaccinés tombent quand même malades, on se demande si ça va s’arrêter un jour.

Elise a réussi à partir au Japon, bloquée depuis fin octobre dernier pour rejoindre son mari, parti pour le travail. Pourrai-je y aller un jour ? Pour les Jeux Olympiques reportés l’année dernière, il n’y aura que des spectateurs japonais. C’est ce qui a été décidé.

Alors je me projette dans le proche immédiat sur un petit raid en Ardèche au mois de juin, en pensant au prochain déconfinement. Et peut-être le 1000 du Sud, finalement, en septembre. Rien d’exceptionnel, pas autant d’adrénaline que les évènements auxquels je pensais.

Mais le point positif, c’est que l’envie revient. Elle revient parce-que je reprends plaisir à rouler. C’est sûrement parce-que je me force à rouler toutes les fins d’après-midi entre 5 et 7, et les mercredis que je prends chaque semaine depuis le début de l’année. Stop à la paresse. Des fois, comme aujourd’hui, la pluie s’invite, alors pas de vélo, mais on ne va pas se plaindre, on en a besoin. Ici en Provence, pas de déficit de pluie, mais ça reste sec, un incendie s’est déclaré il n’y a pas longtemps à Auriol. Mais là aussi, on va vers les beaux jours, et on part donc plus facilement quand il ne fait pas froid.

Et je n’ai plus mal au dos. J’avais subi un nouvel épisode de lumbago, arrivé en me levant un matin, je me suis redressé dans mon lit et la colonne a fait un craquement, j’ai été bien coincé au niveau des lombaires pendant près de 10 jours.
Pendant cette période, je me suis plongé dans la lecture, et je suis tombé par hasard sur un des récits du Docteur Ruffier, qui m’a passionné. 50 ans de cyclisme raconte sa vie, de son premier vélo, les premiers vélos, étant né en 1875, jusqu’à l’immédiat après-guerre. On apprend plein de choses sur le début du cyclisme, les vélos anciens, les courses sur piste, l’état des routes et la difficile cohabitation avec les cochers ou premiers automobilistes. Pas loin de passer professionnel, il choisit une carrière de médecin, il traverse les 2 guerres mondiales, tout en continuant à faire du vélo, invente le test d’effort (à son nom), une méthode de gymnastique qui se pratique encore de nos jours. Journaliste et écrivain, c’était un adepte du voyage à vélo, déjà à cette époque-là. Il visita de nombreuses régions que ce soit en solo, en équipe avec des camarades mais aussi sur un tandem avec son épouse, et c’était un sacré gros rouleur ! Pour qui aime le vélo, c’est un “livre” que je conseille (trouvé en pdf), et qui a participé à me redonner l’envie.

Pourquoi cette passion du vélo, capable de déplacer des montagnes malgré tout ce qu’on traverse, le mal aux pattes, les douleurs physiques, les conséquences de blessures, de chutes, notre corps qu’on maltraite, on se bat toujours contre soi-même parce-qu’on connaît nos limites ? Mais la vie est faite de petits bonheurs quand on découvre, et on ressent une grande joie quand on partage…

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